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  • Sabine RAINARD Éclaireuse

Des sans-culottes aux sans-soutifs

Mis à jour : avr. 30





Photo Miguel Hyacinthe


26 avril 2020

Des sans-culottes aux sans-soutifs

Je ne sais pas dire pourquoi, trois jours avant le début du confinement, j’ai décidé de ne plus porter de soutien-gorge. Ça faisait 27 ans que j’en portais. Vingt-sept ans !!!

Les soutiens gorge ont nourri mon amour pour la dentelle, les couleurs et les finitions (merci maman). Pourtant, à bien y réfléchir, j’en ai portés sans trop me poser de question, simplement parce que c’était dans l’ordre des choses et qu’à mes 13/14 ans, c’était le moment. M’interroger sur le sens de cet accessoire ? Observer ma morphologie et ses besoins réels ? M’arrêter sur la manière dont je vivais avec ce vêtement ? Aucune de ces questions n’a pointé le bout de son nez durant ces 3 décennies.

Il y a quelques mois, je me suis sentie gênée, de plus en plus mal à l’aise. Comme si ça suffisait. Comme si ce n’était plus en accord avec qui je suis. Dans un premier temps, j’ai noté ces sensations, puis comme elles se sont installées, j’en ai conclu que j’allais essayer sans.

Les effets ont été quasi immédiats. Sentiment de légèreté, poitrine plus tonique et repulpée. Et surtout, surtout, la sensation d’être davantage connectée à mon corps. Connectée au mouvement félin, connectée à la liberté. C’est dingue quand même de découvrir ça à quarante ans !

En ce moment on parle de liberté à tour de bras. Soit.

La liberté ne se situe peut-être pas où l’on croit. Peut-être que des parts de liberté se trouvent à des endroits auxquels on ne pense pas, qui l’air de rien, sont des petits pas vers la pleine possession et l'expression de soi.

Car combien de choses porte t-on, fait-on, croit-on, dit-on par principe, habitude, automatisme ? Parce que maman et papa pensent ça, parce que la maîtresse a dit que, parce que notre chef veut que, parce que la société encourage à… parce qu’on a toujours fait comme ça.

Cette période de confinement nous a invité à revisiter. Certain(e)s de ces principes, de ces habitudes, de ces automatismes. À venir éclairer nos comportements pour mieux apprécier s’ils sont encore valables maintenant. À effectuer un reset sur l’ensemble des détails et des choses essentielles de nos vies.

Finalement, confinement rime avec sans-soutif pour moi. Et quelque part, avec liberté.

Liberté d’être, de se mouvoir, d’exister.

N.B : ce partage d’expérience est intime et subjectif. J’ai suivi mon inspiration à l’instant où c’était juste. Le plus drôle c’est que j’ai acheté de la lingerie à ma fille il y a 4 mois !! Comme quoi. Un retour d’expérience mère-fille se prépare je crois.

Référence littéraire :

Vous pouvez aller regarder du côté de la philosophe Camille Froidevaux-Metterie.

Elle vient du publier le livre : « Seins - en quête d'une libération ».

24 avril 2020

Les mots justes

Depuis quelques jours émerge une question sensible.

Comment fait-on lorsque l’on n’a pas les mots ? Vous savez ces mots si puissants, précis, appropriés, qui nous permettent de nous exprimer avec clarté.

Évidemment, cette réflexion naissante et personnelle vient résonner avec la prise de conscience d’une de mes clientes.

Trouver les mots justes, avoir du vocabulaire adéquat à disposition, est primordial à l’expression.

Enfant, on apprend des tonnes de verbes, de noms, de qualificatifs. Adulte, on est très fort pour informer qu’on a un train à telle heure ou qu’on a préparé une quiche lardons-poireaux, mais est-ce que l’on est équipé de la terminologie à propos, pour dire ce qui nous traverse, ce qui nous anime, ce qui nous tracasse, ce qui nous afflige, ce qui nous bouleverse, ce qui nous câline, ce qui nous transperce, ce qui nous fustige, ce qui nous blesse, ce qui nous résigne… bref, pour décrire une émotion, une sensation, une perception, qui compose ce qu’on appelle parfois « jardin secret », qui souvent est tue alors qu’elle aimerait tant être révélée, ou en tout cas simplement nommée.

Je me disais que ne pas avoir les mots, c’est comme être dans un pays étranger sans connaître la langue. Mourir d’envie de dire, de partager, d’exprimer et de qualifier, et être bien embêté, pour ne pas dire coincé, par les 5 mots présents dans sa besace. Cela crée un sentiment de frustration, cela crée un empilement d’émotions, cela crée un état d’inabouti qui peut aller jusqu’à la création de non-dit, de blocage, voire d’ébullition. Parce que ce qui n’est pas traduit stagne comme une énergie en suspension. Parce que ce qui n’est pas exprimé est ravalé. Parce que ce qui est réprimé est une potentielle bombe en préparation.

On parle depuis pas mal de temps déjà de la CNV (Communication Non Violente). L’idée est de s’exprimer en conscience et de développer authenticité et responsabilité dans son langage et ses interactions.

Communiquer est avant toute chose l’occasion d’être au clair avec soi-même et les autres, de se libérer et de se sentir en paix. Pas de grief planqué qui peut sortir comme un dragon à tout moment, pas de tristesse contenue qui peut éclater à tout instant (avec la fameuse goutte qui fait déborder le vase), pas d’idée extra qui ne verra jamais le jour… Si tout est exprimé en temps voulu avec la justesse du message à formuler, c’est ok.

On a encore pas mal de chemin à parcourir au niveau individuel et collectif. Tellement de ressentis simples n’ont pas trouver leur mot et sont devenus tabous. Combien de fois dit-on à des enfants d’aller dans leurs chambres ou au coin lorsqu’ils pleurent, sont en colère, ont peur ou sont ultra joyeux ? Souvent on ne sait pas quoi faire de « ça », parce qu’on ne sait déjà pas quoi faire de nos propres ressentis. Alors ceux des autres nous enquiquinent voire nous encombrent.

La première des étapes est peut-être de porter attention aux mots. Chacun d’eux porte en lui un sens et une nuance. La langue française en est riche de milliers qui finalement annoncent pléthore de situations, d’expériences et d’explorations. J’ai la conviction que plus on étoffe le vocabulaire dans lequel on peut piocher pour exprimer ses émotions (joie, tristesse, peur, colère, dégoût, surprise), plus on est capable d’observer son état, d’esprit, d’âme, d’être et plus on apaise, on soigne, on nettoie en soi le brouhaha, la douleur ou l’incompréhension.

J’aime bien la manière dont Fils Cara joue avec les mots.

Il a une manière toute particulière de décrire ce qu’il ressent.

Fils Cara – Hurricane (Live session)


17 avril 2020

C’est du bullshit

« Quand tu montres ce que t’as dans les tripes, tout le monde croit que c’est du bullshit ». On est tellement habitué à composer avec les masques des uns et des autres et ses propres masques, que lorsqu’on rencontre quelqu’un qui n’en a pas, ou très peu, on prend cette personne pour une illuminée, forcément naïve et barrée. Bah oui, parce que dire sa vérité, l’écrire, ne pas en avoir peur, afficher ses failles, ça peut sembler « bizarre ». On est tellement habitué à du faux que la transparence importune. On se dit qu’il y a un truc là-dessous, que c’est louche, alors que les simagrées répétées de nos personnages fictifs nous font à peine frissonner (ils nous rassurent même). Soit on passe son chemin parce que ça a l’air trop beau, soit on cherche à en savoir plus, parce définitivement y a un truc. Se connaître suffisamment pour dire tout haut ce que souvent on peine à s’avouer, permet à de nombreuses personnes de se libérer. D’un complexe, d’une critique, d’un secret. S’accueillir assez pour se laisser aller à pleurer, à trembler, à rire aux éclats, à s’agacer, crée beaucoup de place autour de soi pour que chacun puisse traverser ses émotions.

On nous a appris à ne « pas déranger ». Pas dire qu’on n’aime pas, parce que ça pourrait blesser. Pas dire qu’on ne veut pas, parce que ça pourrait contrarier. Pas dire qu’on veut ça, parce que ça pourrait sembler prétentieux. Pas dire qu’on ne veut pas ça, parce que ça pourrait paraître mal élevé. Et patati et patata. Ras-le-bol de cette éducation à se la boucler. Quand on est clair avec soi, on l’est avec les autres. Et ça simplifie. Tout. Tout devient limpide. Transparent. Évident. Parce que ce que ce qu’on vit au-dedans se lit au-dehors. Et vice-versa.

Il est tellement plus facile de faire simple quand on s’y est autorisé.

Le son découvert ce matin, que j’adore !

The Bare Necessities – Evian Remix by Romain Hainaut

Je vous embrasse,

Sabine


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Lire les billets d'humeurs précédents :

16 avril - Coming out

02 avril - J'ai décidé de tout couper

26 mars - La question n'est pas ce qu'on vit, mais ce qu'on fait avec ce qu'on vit

24 mars - Le déclin de l'Empire humain

23 mars - Du professionnalisme au civisme, rien ne sera plus comme avant

22 mars - À chacun sa manière de traverser

10 mars - La liberté n'est pas forcément résister

19 février - Un échec réussi

18 janvier - Janvier

02 décembre - 2019/2020 Tout change, rien ne change ?

25 novembre - S'émerveiller

20 novembre - Faites comme vous êtes

17 novembre - Au-delà de la femme désirable

Et bien d'autres articles écrits en 2019...


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