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  • Sabine RAINARD Éclaireuse

Je tourne en rond



Les mots chahutent dans ma tête.

J’ai pas écrit pour moi, sur moi, depuis 6 mois.

Au printemps, je n’avais plus rien à dire. J’étais à « sec », épuisée, vidée.

Depuis peu, je sens que le verbe se réveille, qu’il frétille et qu’il a envie de sortir.

J’avoue que je ne lui ai pas laissé de place, parce que je me demandais bien ce que j’allais raconter.


Auto-jugement.

Il y a un an, j’ai tout lâché. J’ai écrit jour et nuit tout ce qui sortait.

En me fichant la paix. En me laissant m’exprimer.

Là, j’ai un doute. Est-ce que mes mots tiennent encore la route ? Quoi dire après avoir tant écrit ? Je sais que je me freine et me sabote.


Je tourne en rond.

Ça tourne en rond dans ma caboche. Le petit vélo qui boucle, qui oscille, qui tortille.

J’ai traversé des instants d’égarement. Des moments où je ne savais plus ce que je faisais, ni ce que j’allais faire. Quelle est ma mission ? Vers quoi aller désormais ?

Je déteste ces périodes de transition, de trouble, d’incertitude. De « Tout est possible, alors, vas-y, crées un truc génial ! Fais-toi plaisir ».


Pouvoir tout faire et tout avoir.

J’ai tellement d’idées et tellement d’envies, que l’espace et la liberté m’effraient. J’ai longtemps couru après le temps et l’indépendance. La carte blanche. Pouvoir tout faire et tout avoir. C’était un but, un objectif, c’était ce que je voulais atteindre plus que tout. Je l’ai atteint. Et après ? J’en fait quoi ? Je traîne ma carcasse toute la journée, je bricole des trucs à droite à gauche ? J’en fait quoi de ce temps ? J’en fait quoi de cette liberté ? Je les intègre à quelle énergie ? Je les sublime comment ?


Je suis pétrifiée.

De choisir.

De me décider.

De me positionner.

Et d’y aller.

De franchir le cap.

De démarrer une histoire.

De me lancer.

De prendre des risques.

Et d’oser.

De me mettre à nouveau à nu.

De me planter.

De ne pas exploiter mes potentiels.

J’ai tellement peur de finir ma vie comme ça, entre deux eaux, sans avoir vraiment abouti une piste, déployé pleinement qui je suis, « réussi » ma vie.


Réussir.

Haha.

J’y pense sans cesse.

Parce que lorsque l’on « voit », on n’a plus le droit de faire semblant.

Parce que lorsque l’on « sait », on ne peut plus se mentir.

Parce que lorsque l’on « se connaît », on ne peut plus passer à côté de soi.

Ça me fait rager parce que maintenant que je vis « en conscience », je suis responsable. Je me sens responsable. Et là, je me sens responsable d’être perdue, de douter, d’être plus ou moins en pause. Alors que j’ai tout. Je me sens bloquée. Ou plutôt, je me bloque. Et je culpabilise.


J’ai fait le bilan des 9 derniers mois.

En janvier dernier, j’étais fébrile. Mon premier livre allait paraître.

J’allais exposer un talent dont je n’avais même pas connaissance, l’écriture.

J’allais exposer un secret que j’avais planqué pendant plus de 35 ans, les attouchements de mon grand-père.

J’allais exposer ma vie intime, de femme, d’être incarné.

J’allais m’exposer moi, ma bouille, mon nom, mon prénom, me voir dans les rayons.


En 9 mois, 3 de mes livres sont parus en librairie. J’ai animé des conférences, organisé des séances de dédicaces, rencontré des personnes qui m’ont lu.

En 9 mois, j’ai décidé de quitter Chartres pour Paris. J’ai rangé, vendu, vidé ma maison. J’ai tout organisé pour que mes enfants vivent au mieux ce départ (parce qu’eux ont décidé de rester).

En 9 mois, j’ai trouvé un appartement à Paris. Je m’y suis installée et j’ai débuté une nouvelle vie en solo.

En 9 mois, j’ai tenté de définir une nouvelle image, de créer une nouvelle communication, de fusionner ce que je suis et ce que je sais faire dans une offre que j’appelle « Révélez qui vous êtes ». J’ai relancé mon activité de Révélatrice de marque et démarré une activité de Révélatrice d’être(s).

En 9 mois, j’ai crée un Recueil de 80 poèmes et plusieurs outils de développement personnel.


9 mois, c’est long et c’est court.


Durant ces 9 mois, j’ai consolidé la complicité et l’amour avec mes enfants, retrouvé la douceur de ma maman avec laquelle les conflits ont été acerbes pendant des décennies et rejoint ma sœur dont nos chemins s’étaient éloignés.


Lorsque je regarde ces 9 derniers mois, je ne peux pas dire que je ne fais ou ne suis rien. Et pourtant je me sens insatisfaite. Parce que je sais que je suis au début de ma vie d'être conscient et que je rayonne 5% de qui je suis.

Les 3 derniers mois de cette année vont être dédiés à déployer la foi et à y aller. Sortir de la peur pour embrasser l’amour. Et surfer, car naviguer je le fais depuis toujours.


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À bientôt !

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