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  • Sabine RAINARD Éclaireuse

La bascule de l'empire humain

Mis à jour : avr. 13


Je me réveille à peine. Gueule de bois.

Gueule de bois je dis. Au sens propre et figuré.

Propre, parce qu’on a bu un verre d’alcool de cerise hier soir avec ma très bonne amie (cerise venant tout droit du Portugal ; un verre de cidre m’enivre, alors vous imaginez un alcool à 18%).

Figuré, parce que là, ça y est, au Jour 8, l’image tend à s’éclairer.

J’écrivais hier que rien ne serait plus jamais comme avant. Cela me semble être une évidence. On ne pourra plus rien vivre comme avant. Le Président parle de guerre car sur le terrain, ça l’est. Pour les confinés, ce le sera après cette épopée.

Notre monde s’écroule. Nos croyances avec.

Tout ce que nous avons vécu ces 70 dernières années décline lentement pour se transformer. J’ai le sentiment qu’après la Seconde Guerre Mondiale, nous avons construit un nouveau monde dont le paroxysme est arrivé 30 ans plus tard.

Depuis 1980, cet Empire sombre tranquillement jusqu’à aujourd’hui. Heure à laquelle on songe à faire et être autrement.

3e Guerre Mondiale ?

La Guerre de l’argent ?

La Guerre des composants ?

La Guerre du profit ?

La Guerre écologique ?

La Guerre de survie ?

La Guerre comme un reset de tout ce que nous avons déployé et que nous allons réviser.

Le fric comme axe, l’ego comme guide, la peur comme amie… vont peut-être muter en solidarité comme axe, cœur comme guide et amour comme patrie (fratrie).

8 jours que je suis confinée ici.

Je prends la mesure réelle de ce que nous traversons.

La semaine dernière j’ai eu le sentiment d’être « prête », déjà dans le ton.

J’ai lâché mon job conventionnel il y a 4 ans, je me suis délestée d’une vie traditionnelle il y a bien longtemps, j’œuvre avec sens pour mes partenaires à mon rythme à la maison… OK. Ce confinement n’allait pas trop changer le cours de ma vie, puisque j’avais déjà fait des choix dans cette direction.

Sauf que je l’ai senti venir le changement. Je le sentais monter en moi. Je sentais une légère ébullition, une chaleur dans le ventre, comme une préparation. Je ne voyais pas encore de forme, c’était juste un ressenti. Là, je sens que je vais devoir moi-même me réinventer. Que je ne peux plus simplement conseiller les entrepreneurs pour une communication authentique, au plus près de leurs valeurs. J’ai à développer d’autres pans de ma personnalité.

Il me semble que ce temps, long, court, souple, dur, selon votre appréciation, est le temps nécessaire à la transformation. Qu’allons-nous développer à titre individuel, dans nos jobs et nos modes de vie, pour contribuer et offrir ce que nous sommes aux autres ?

Les soignants sont déjà sur le pont. Eux, sont déjà dans le don.

Que vont trouver les traders à offrir au monde ?

Que vont trouver les banquiers à transmettre aux autres ?

Que vont trouver les hommes et les femmes tout droits sortis d’École de Commerce dont les seuls outils sont le mental et la stratégie ?

Que vont trouver tous ces gens qui plombent depuis des décennies notre monde en le pillant ?

Interrogeons-nous sur le sens de ce que nous faisons.

Sommes-nous utiles ?

Sommes-nous dans la contribution ?

Sommes-nous dans le partage ?

Sommes-nous dans la transmission ?

Apportons-nous de la valeur au monde grâce à qui nous sommes ?

(Attention, je ne parle pas de valeur financière).

Ça peut sembler être un discours religieux, c’est un laïus humain.

Vous croyez réellement que nous sommes sur Terre pour « faire de l’argent » ?

Pour une fois, pas d’excuse, on a le temps de méditer sur cette phrase.

Je vous invite à voir ou revoir le film « Ma part du gâteau » de Cédric Klapisch. Mes souvenirs m’informent qu’il illustre parfaitement ce que nous vivons.

Je vous aime,

Sabine

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