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  • Sabine RAINARD Éclaireuse

La montagne à gravir



J’étais là, 

Recroquevillée.

Comme écrasée par le rocher. 


J’étais sans voix.

Au ras du sol,

On ne peut crier.


J’ai rampé,

C’était éprouvant,

Tonitruant, une calamité. 


J’ai tenté de me hisser,

Sur cet axe qui me sert de pieds.


J’ai levé la tête,

Vu l’énorme masse,

Cette ombre dense et touffue,

Qui me tombait dessus. 


J’ai eu peur,

Mal, 

Été prise d’effroi.


J’ai avancé.

Quelques pas,

De-ci de-là.


C’était long, c’était lourd,

C’était dense, c’était sourd.

C’était comme la boue qui m’entoure.


J’ai agrippé mes mains à la paroi, 

Habillée d’accidents et de froid.


J’ai grimpé,

Comme j’ai pu,

Décroché,

Retenu. 


J’ai franchi quelques distances,

Plus à l’aise dans la danse,

Avant de redescendre plus bas.


Patatra.


Aïe,

Quelle grisaille,

Immiscée dans mes entrailles,

Je suis lasse.


Ni une ni deux,

Ré-enfourcher,

Mon destrier Frousse.

Repartir au combat. 


L’adversaire pâle a résisté,

J’ai plongé un peu plus dans l’obscurité.


Comme transpercée de douleur,

Pas le temps d’écouter les pleurs,

Que mon cœur aurait pu chanter.


Argh, pfff, rrrr...

Hissée haut,

Sublime voile du radeau.


Médusée, à bout de souffle,

Terminé cette volte course,

Abandonnée.


Repartir de plus belle,

Ne jamais s’arrêter,

Oublier de lâcher.


Un fin filet s’est glissé,

Dissipant l’ombre en esquisse,

Sur la côte ébréchée.


Ah, la lumière existe,

Vite, il faut continuer.


Suivre le rythme effréné,

De mes dernières volontés,

Pour enfin peut-être accéder,

À la lumière tant rêvée.


Le filet épaissi en rayon,

Dans une étrange distorsion,

Peut encore s’échapper.


Mince, intensifier l’enjambée,

Pour capturer cette douce lumière dorée.


La faire mienne pour ne plus la quitter. 

Tenter de l’embrasser pour l’ingurgiter. 

Ainsi étoile, l’ombre sera conjurée. 

La montagne maîtrisée jusqu’au sommet. 


Franchir les derniers mètres,

Gravir la légitimité.


Mourir à faire fuir,

Les seules contrariétés. 


Que la montagne est belle,

Lorsque le ciel est dégagé.

Que les cimes sont lointaines,

Lorsque l’horizon s’offre à volonté.

Que la lourdeur est veine,

Lorsque l’air est léger.

Que la joie m’ensorcelle,

Lorsque celle que je suis est prête à aimer. 


Je t’aime pour tout ce que tu as osé. 


Chanson qui résonne avec les mots de mon coeur :

L'oiseau - Feu Chatterton!


#Alchimie #Aimer #Chemin #Transmuter #Horizon #Regard


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