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  • Sabine RAINARD Éclaireuse

Finalement, quelle est mon identité ?

Mis à jour : 25 nov. 2019


J'ai mal à la gorge.

Je me sens vraiment diminuée.

Plus de jus.

J'imagine que je "digère".

Si je suis "bienveillante" avec moi-même, j'accueille cet état moins faste que les autres jours et je ralentis.

Si je me bouscule, je n'écoute pas ce coup de fatigue et je file à toute allure comme d'habitude.


Il s'avère que je suis arrivée à Paris il y a un peu plus de deux mois et demi.

Que je me suis pris un sévère retour de manivelle après ce saut.

Parce que c'est vrai, j'étais prête à partir. J'ai mis 5 mois à tout organiser.

Mais je ne m'étais pas préparée à arriver.

À part mon point de chute (un appartement dans le 11e), j'avais rien envisagé.

Je vis un programme que je n'avais pas anticipé : atterrissage, intégration, consolidation.

Et... c'est long...


Bon, on va pas en faire un plat.

Un ami me disait hier avec malice que c'est un peu comme si j'étais au stand, en pleine révision avec ajustement de 2-3 réglages.

Voilà, c'est ça.

Et je vais vous dire ce que je fais pendant que la mécanique se peaufine, je regarde des films (pas mal pour une femme qui n'a jamais réussi à tenir assise sur un canapé plus de 12 minutes), je marche des heures dans la ville (pas mal pour une femme qui ne quittait pas la tête de son guidon), je parle avec des gens (pas mal pour une femme qui a vécu les trois dernières années en solitaire), j'assiste à des spectacles, je visite des expos, je glane tout ce que j'entends, je vois et je sens. J'hume l'air du temps. Et ça me fait un bien fou.

Ça, c'est le côté pile.


Côté face, sans mentir, certains matins, ça craint.

Parce que non mais oh, ça va pas, faut te bouger. Qu'est-ce que tu fais de ta vie ?

Et comment tu gagnes ta vie justement ?

Parce que bon, activité = rentabilité = réussite, alors que non activité = j'ai rien fait de ma journée = loose.

Bah oui, c'est quand même l'évidence.

En tout cas, c'est ce que j'ai intégré depuis un bail.

C'est sûrement pour cela que je travaille comme une acharnée depuis si longtemps, sans jamais prendre de bon temps.


J'oscille entre les cotés pile et face de ma pièce.

Je compose avec mes peurs, mes doutes et la culpabilité.

Je tente de traverser cette période improvisée comme je le peux.

Je fais de mon mieux pour garder confiance en moi, voire renforcer ma foi. Et ce n'est pas rien pour une femme hyper active, qui s'est la plupart du temps réalisée dans ses multiples facettes : mère parfaite, working girl accomplie, femme de... ah non, c'est vrai j'ai plus de mari...

Comment on existe quand on est maman 6 jours par mois ? Comment on existe quand on a pas de mec ? Comment on existe quand on a pas vraiment de job ? Comment on existe en ayant plus vraiment de chez soi ? Comment on est, juste en étant là, juste en étant soi ? Ces questions je me les pose depuis longtemps. Là, je les vis.


Je vis le fait de ne plus me définir par mes missions. De ne plus être définie par tous mes rôles. Je vis le fait d'exister juste parce que je suis en vie. Ça fait une drôle d'impression. Je me sens toute nue toute nue. À poil. Vulnérable. Vais-je sortir un jour de cet état ? Qu'est-ce qui peut me sortir de cet état ?

À part l'impétueuse joie de créer ? On verra.


CV :

Femme atypique, joyeuse, créative, couteau suisse.

Aimant créer, rire, sublimer.

Écriture, stratégie, communication, développement.



Photo : ces lunettes me donnent un air sérieux, elles sont classes assorties à mon pyjama.

La chanson qui me rend dingue : Parrots - Isaac Delusion


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