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  • Sabine RAINARD Éclaireuse

Si j'étais amoureuse ?


3h24.

Je sais, normalement c’est dodo.

Seulement en général à cette heure je suis éveillée. Envie de danser, d’écrire, rarement de tomber chez Morphée.


Quel est cet inconnu ? Cet homme qui m’a captée samedi soir sur une plateforme d’expat ? Alors que lui et moi sommes français. Expatriés dans notre pays de naissance car oiseaux rares terriblement atypiques. Peut-être bien exilés d’une étoile intergalactique. On s’écrit depuis trois jours et j’ai l’impression de le connaître aussi bien qu’il me connaît, c’est-à-dire au parfait.


Tout synchro. Je me suis même demandée s’il avait eu un moyen d’entrer dans mon ordi, ma tête ou mon cœur.

Ça fait une drôle d’impression.

À moi qui me refuse de croire la belle histoire des âmes sœurs, alter ego et autres flammes jumelles. Je m’y refuse car une part de moi est persuadée qu’à un endroit sur cette planète, il y a un homme qui capte les mêmes signaux que moi, un homme qui vibre sur le même tempo que moi, un homme qui ressent les mêmes pulsations que moi.


Je pourrais recevoir 3 demandes en mariage par semaine.

Ce n’est pas prétentieux d’écrire ça. C’est quasiment vrai.

Y en a même qui tentent de dire ce que j'ai envie d'entendre et de faire semblant de me ressembler pour me plaire.

Et qu’est-ce que j’en fait ? Rien.

Et qu’est-ce que ça me fait ? Rien. Si, parfois, ça me désespère.

Parce que c’est pas assez profond. Qu’avant d’avoir commencé quoi que ce soit, je sais que ce n’est pas ça. Que ça colle pas.

Même pas envie d’aventures. Ça sert à quoi ? Au bout de 2 ou 3, c’est bon, j'ai fait le tour. Pas la peine d’insister.

Non pas que je me réserve pour l’élu. Quoique. Si je croise l’homme qui résonne avec moi et que je suis pas dispo, ça marchera pas. Alors, j’ai décidé d’avancer en solo. L’œil vif. Le cœur vaillant. La foi au top. Si l’homme arrivait un jour ? Même dans dix ans, ça m'irait.


Et si la rencontre était imminente ?

Jeudi soir par exemple.

Et si c’était lui ?

Pas l’homme de mes rêves.

Juste l’homme qui me convient en tous points.

Pas l’homme parfait.

Juste l’homme qui sera parfait pour moi.

Pas l’homme introuvable.

Juste l’homme qui vient à moi. Et vice-versa.


Un truc au fond de moi me dit que c’est là.

Trop de détails à peine échangés me font sentir qu’il est ma version mâle.

Mais j’ai peur.

J’y ai déjà cru pour me ramasser juste après.

J’ai déjà été bien déçue en captant trois détails qui s’évanouissaient dans la foulée.


Là, franchement l’Univers, si c’est encore un gag, je te le dis tout de suite, ce ne sera pas drôle. Je commence à ne plus avoir d’humour, plus du tout. Parce que le temps passe et qu’il est temps d’y aller. Il est temps de l’envoyer. Je sais que j’avais besoin d’être seule pour me déshabiller. Pour me dépouiller de ce qui n’était pas moi et de ce qui ne m’était pas utile. J’ai fait le job. Je vous passe les journées d’éternelle solitude, l’introspection profondément douloureuse, l’accouchement de mon vrai moi particulièrement inconfortable. Je vous passe les nuits à pleurer, l’immense gouffre dans lequel j’ai plongé, l’intense voyage que j’ai réalisé. Sincèrement, il fallait du courage pour y aller. C’est fait. Mission accomplie. Ok. Maintenant, place au fun. Parce que moi j’ai envie de danser sous la pluie, de rire à cœur joie, de faire l’amour à volonté. De vivre pleinement selon celle que je suis.


Voilà. On verra.

Découverte de ce drôle d’oiseau jeudi.

Pas de tergiversation.

J’enchaîne.

Rencontre et plus si affinités.

De toute façon, c’est instantané.

Je sais.


Music : Silly Boy Blue - Cecilia


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